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Lettres à Jean-Zut

De Krasnoïarsk à Romorantin-Lanthenay

Archive pour la catégorie 'ton histoire' s'abonner au flux

18
fév
2010

Pourquoi la Russie?

par maman

Mon enfant,

Tu n’es pas encore parmi nous, mais je pense déjà aux questions que tu va te poser. Pourquoi ? Pourquoi nous avons choisi de venir te chercher en Russie ? Ce pays si froid et si hostile en apparence. Non, ça n’a rien à voir avec M. Zut qui nous a donné ton prénom. Ça n’a rien à voir non plus avec ce voyage de noces dans le transsibérien… Non, rien de tout ça !

En réalité, c’est bien plus compliqué : ce sont des raisons de grandes personnes qui nous ont poussé à adopter un enfant russe.

Tout cela remonte à très très longtemps… Je vais essayer d’être la plus claire possible.

Mon arrière-grand-père, Dimitri, était un homme très puissant. C’était le président de la République de la Suisse. Il avait sous ses ordres des milliers et des milliers d’hommes. En un mot, il avait le pouvoir. À cette époque, la Suisse était une grande république, on la pensait démocratique. En réalité il n’en était rien, et mon arrière-grand-père semait la terreur dans tout le pays. Les militaires étaient partout, la population était terrifiée. Dès qu’une personne critiquait ce système, elle était enfermée. Comme tu l’imagines, les prisons étaient remplies, et les maladies se transmettaient avec une rapidité terrible. Tout les jours, des centaines de personnes en plus échouaient dans ces geôles. Là-bas, les gens mourraient, de froid, de faim, de maladies…

Partout dans le pays, les publicités à propos la capitale étaient pourtant flatteuses. En fait, Dimitri contrôlait si bien le pays qu’il avait réussi à faire transparaître une image de démocratie parfaite dans toutes les provinces de Suisse. Tu penses bien, tout les journalistes étaient ses amis, et ceux qui essayaient de dire la vérité étaient directement enfermés…

Mais un jour, une manifestation plus grande, plus grosse que les autres, qui paraissait bien plus dangereuse a fait gronder les murs de la capitale ! Toute la population est descendue dans la rue. Aussitôt, Dimitri a demandé à ses hommes d’arrêter tout ces gens. Mais ils n’y parvinrent pas, malgré tous leurs efforts. La population était plus énervée que jamais…

Les militaires avaient tout de même réussi à arrêter quelques personnes. Parmi elles, se trouvait une jeune fille, répondant au doux prénom d’Anastasia. Elle avait 22 ans, était toute menue, paraissait bien fragile et très apeurée. Mais pour le grand Dimitri, hommes, femmes et enfants étaient tous mis dans le même panier. Toutes les personnes qui le critiquaient étaient enfermées, il n’y avait aucune dérogation possible. Anastasia, comme tout les autres, fut donc enfermée.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En réalité, Anastasia était la fille de l’empereur Russe. En vérité, ce n’était point un hasard. En effet, quelques temps plus tôt, était arrivé aux oreille de l’empereur le fait que la Suisse devenait un véritable système totalitaire. Or, comme tu le sais, ton pays la Russie est un bon pays. Déjà à l’époque, les gens étaient libre, ils travaillaient tous et vivaient dans de très bonnes conditions, tout cela grâce à la maman de l’empereur, qui faisait en sorte que son fils ne fasse pas n’importe quoi !

Mais l’empereur, lui aussi, avait comme tout les hommes de pouvoir des envies de répressions et de pouvoir totalitaire. Il se dit alors qu’il y avait là une bonne occasion de profiter un peu du « Système Dimitri ». C’est pour cela qu’il envoya sa propre fille se faire enfermer…

Comme tu le vois Jean-Zut, tout ceci est une sombre histoire de politique. Mais laisse moi te raconter la fin de l’histoire.

Une fois Anastasia enfermée, l’empereur de Russie fit immédiatement le voyage jusqu’en Suisse. Il fut reçu par Dimitri avec tous les honneurs. En réalité, l’empereur était nettement plus influent sur la marche du monde que Dimitri, il avait sans conteste bien plus de pouvoir. Dimitri était donc naturellement aux petits soins.

L’empereur annonça alors à Dimitri que les soldats Suisses avait enfermé sa fille Anastasia. Dimitri, quand il apprit cela, fut totalement troublé. Il la fit libéré sur le champ. Mais cela ne suffisait pas à l’empereur. Des négociations commencèrent alors. Elles durèrent 3 semaines. Jours et nuits, ils essayaient de trouver un accord, l’empereur menaçant en cas d’échec de révéler au reste du monde le « système Dimitri ».

Le dirigeant russe, en réalité voulait juste contrôler Dimitri. Et Dimitri, le pauvre, voulait juste continuer tranquillement de contrôler la Suisse.

Après de nombreux jours de discussion, ils trouvèrent enfin un accord : Dimitri devait laisser 6 mois par an le contrôle de la capitale Suisse à l’empereur. De plus, il promis à l’empereur, que sa famille ferait en sorte de rendre les enfants Russes les plus heureux du monde (à ce moment là des négociations, l’histoire raconte que la fatigue et la vodka russe de l’empereur les avaient fait conclure ce pacte sans pour autant qu’ils ne sachent vraiment de quoi ils parlaient…).

Voilà mon fils, tu connais toute l’histoire de ma famille, et les raisons qui nous ont poussées à venir t’adopter en Russie. La promesse que Dimitri a faite à l’empereur Russe, je me devais de la respecter. Même si, au fond de moi, je ne cautionne pas vraiment ce qu’ils ont fait… Cette histoire est aussi ton histoire. Avec papa, nous tenteront de tenir au mieux ma promesse, et de te rendre très heureux.

13
fév
2010

Quelques images du transsibérien

par papa

Mon cher petit Jean-Zut,

Aujourd’hui, tu n’es encore qu’un petit bonhomme, et les histoires de grandes personnes te paraissent certainement bien compliquées. Qu’est-ce que c’est que ces histoires de pays, pourquoi tu es en train de découvrir une nouvelle langue, et c’est loin de la Rusie, la France ? Plein de questions qui doivent traverser ta petite tête. Je suis assez d’accord avec toi, mon garçon, ces futilités de grandes personnes sont vraiment ridicules, et un peu pesantes. Mais malheureusement, je crains qu’il ne faille faire avec pendant encore un moment. Quand tu seras grand, peut-être, on aura avancé sur ces questions…

En attendant, pour ta maman et moi, la Russie est un pays lointain, à la langue exotique, et nous même si nous y avons voyagé à plusieurs reprises, c’est loin de notre quotidien. Alors bien sûr, on aura quelques photos à te montrer plus tard, mais il te faudra découvrir toi-même ce pays plein de surprises. Il aura certainement pas mal changé d’ici là, c’est sûr. Alors si tu relis ce courrier dans quelques années, et que tu as envie d’avoir devant les yeux quelques images de la diversité de ce pays, je t’invite à aller regarder ce que l’on trouve sur internet à ce sujet.


En particulier, je crains que le transsibérien n’ait disparu quand tu seras grand. Il te sera donc impossible de refaire ce voyage que nous avions entrepris avec ta maman il y a quelques années. Voilà donc quelques images de cette promenade de longue haleine, qui ont été compilées pour offrir un aperçu sommaire mais intéressant de ton pays natal.

Depuis le passé, Jean-Zut, je te souhaite de découvrir avec bonheur ces contrées multiples que tu as connu au début de ta vie…

17
jan
2010

Mais pourquoi « Jean-Zut » ?

par maman

Cher Jean-Zut,

Tu te demandes certainement pourquoi nous avons choisi ce prénom ! En fait, il nous est venu assez naturellement.

Le prénom de papa étant Marc-André et le mien Gwendoline-Béatrice, nous avons tout de suite pensé à un prénom composé, afin de rester dans cette belle lignée.

Comme tu le sais, nous sommes très croyants. Après plusieurs longues discussions, nous avons décidé que te donner le prénom des papes était la meilleure chose que nous pouvions t’apporter dans la vie. Il fallait que tu commence ta vie en France sur des bases solides !

Seulement il manquait quelques chose pour que ton prénom soit composé. Lors de notre tout premier voyage en Russie (pour notre voyage de noce, nous te raconterons ça dans une prochaine lettre !), nous avons rencontré un très vieil homme. Il vivait dans une sorte de petite maison, faite de terre et d’eau. Ce monsieur, nous a accueilli, il nous a offert à manger sans que nous n’ayons rien demandé. Lors de ce repas, il nous a tout d’un coup fixé, et a dit : « La Russie changera votre vie, croyez moi. »

Sur le moment, nous n’avons pas bien saisi ce qu’il voulait dire… Maintenant tout prend un sens. Comme tu dois t’en douter, ce vieil homme s’appelait « Zut » (c’est un prénom très courant en Russie, tu sais).

Voilà Jean-Zut, désormais tu en sais un peu plus. Ce prénom t’apportera, nous en sommes sûrs, sagesse et sérénité.

17
jan
2010

Russie, Ikéa et thé japonais

par maman et papa

Cher petit Jean-Zut,

Aujourd’hui, alors que nous commençons à t’écrire ces lettres, tu ne nous connais pas encore. Tu es dans ta Russie natale, et nous bien au chaud en Europe. Cela fait maintenant quelques mois que nous avons appris ton existence. Ainsi, après plusieurs années d’attente, la dame de l’agence nous a appelé un lundi matin, pour nous dire que tu serais bientôt parmi nous. À ce moment-là, nous ne te connaissions pas encore. Mais déjà, nous t’aimions tellement que Papa a pleuré, et Maman a été obligée de le consoler…

Puisque ta vie n’est finalement pas si simple (tu es né en Russie, quand même), nous avons décidé de te laisser ces lettres, pour te raconter ta vie, pour que tu puisses grandir en sachant que nous t’avons aimé avant même de te rencontrer. Alors que tu lis ces mots, tu as certainement bien grandi, et tu n’es plus le tout petit bonhomme que nous allons rencontrer dans quelques semaines.

Quand nous avons appris que nous allions t’accueillir dans notre vie, Maman s’est empressée d’aller dévaliser Ikéa, Monsieur Bricolage et Brico Dépôt. Pendant ce temps, Papa s’est assis à la table de la cuisine. Une tasse de thé japonais était en train de refroidir, et lui était perdu dans ses pensées.

Nous allions enfin devenir parents.

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